morphine
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CG : nf

S : INSERM – https://presse.inserm.fr/echapper-aux-effets-indesirables-de-la-morphine/10512/ (consulté le 24.06.2020) ; MSS – https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/programme_lutte_douleur_2002-05.pdf (consulté le 24.06.2020).

N : 1. XIXe siècle. Dérivé de Morphée, nom du dieu du sommeil dans la mythologie grecque.
Alcaloïde végétal présent dans l’opium, aux propriétés calmantes et soporifiques. Sirop de morphine. Injection de morphine. Morphine base, non purifiée. La morphine est classée parmi les stupéfiants.
2.
Principal alcaloïde du Pavot (teneur de 10 % environ dans l’opium), molécule, dans laquelle existe le squelette du phénanthrène, dérivé du morphinane, à noyau tétraline accolé à un noyau isoquinoléine (N-méthylé et partiellement réduit dans la morphine) et doué d’une action analgésique puissante et sédative.
3. La morphine est le type des analgésiques centraux agissant sur les divers récepteurs aux enképhalines et aux endorphines (μ, σ et κ). Elle a également des propriétés antitussives et antidiarrhéiques sous-jacentes. D’autres effets pharmacologiques apparaissent comme indésirables : dépression respiratoire, inhibition de la mobilité digestive, nausées et vomissements, myosis. Malgré eux la morphine est très utilisée pour le traitement des douleurs aigües (analgésie postopératoire), et dans les dyspnées de l’insuffisance ventriculaire gauche, notamment de l’œdème pulmonaire aigu. Elle est largement mise à profit à des doses réduites et selon la demande du malade (dispositifs de délivrance minimale par injection sous-cutanée) pour diminuer la douleur au cours des traitements palliatifs. Si classiquement l’administration est faite par voie parentérale (solution injectable de chlorhydrate inscrite à la Pharmacopée française), la morphine est également active par voie buccale (sulfate sous forme de potion de Brompton et autres, comme aussi de comprimés et gélules à libération prolongée, pour les soins palliatifs). A faibles doses, elle peut être également employée par voie intrarachidienne et péridurale (plus spécialement en cas de douleurs intenses).
4. Dans le sang, elle est en partie liée aux protéines plasmatiques et sa demi-vie est de deux heures environ. La plus grande partie de la morphine absorbée est éliminée dans l’urine sous forme de conjugués glucuroniques, qui subissent au préalable un cycle entéro-hépatique.
5. La morphine est un stupéfiant capable d’entraîner, à la suite d’administrations répétées, une dépendance à la fois psychique et physique, avec troubles importants en cas de sevrage brutal, ainsi qu’un phénomène de tolérance. La désintoxication doit se faire sous étroite surveillance médicale. En cas de surdosage, les principaux symptômes sont : dépression respiratoire, myosis, hypotension, hypothermie et coma, justiciables de la réanimation cardio-respiratoire et d’administration d’antimorphiniques tels que la naloxone.
6. Il existe de nombreux dérivés de la morphine, les uns naturels tels que la codéine, les autres d’hémisynthèse (diacétylmorphine ou héroïne, méthadone, naloxone, diallylmorphine). La morphine peut apparaître comme un métabolite de l’héroïne chez les toxicomanes.
7. La morphine est efficace dans presque tous les types de douleurs ; elle est en outre indiquée dans les dyspnées de l’insuffisance ventriculaire gauche aiguë et de l’œdème aigu pulmonaire cardioplégique.
((Travaux de)) Derosne, 1803; Sertürner, 1905; ((et de)) Gay-Lussac, 1817.
8. Termes associés : [M | Miss Emma | morph] Appellations argotiques.

S : 1. DAF – https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9M2860 (consulté le 24.06.2020). 2 à 6. DAM – http://dictionnaire.academie-medecine.fr/index.php?q=morphine (consulté le 24.06.2020). 7 et 8. GDT – http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8446659; http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=17493878 (consulté le 24.06.2020).

SYN :
S :

RC : addiction, alcaloïde, codéine, douleur, endorphine, narcotique, opium, stupéfiant.